Imaginons qu’un consortium d’ethnologues dévoués aux cultures populaires pose la question suivante : qu’est-ce qui a le plus changé dans le football entre 1986 et 2011 ?
La cotation en bourse des
clubs ? Anecdotique. La coupe de cheveux de William Ayache ? Pas
tant que ça, il a juste perdu ses frisettes. La masse musculaire des milieux
défensifs ? Oui, mais non. L’interdiction de jouer avec les mains pour le
gardien sur les passes en retrait ? Demandez à Jean-Luc Ettori. La taille
des shorts ? Là y’a une vraie piste mais bon.
Rien de tout cela n’a autant
modifié la vision en profondeur du foot que la forme des filets de cage de but.
Faisons comme si on était en cours d’EMT. Dessinons un plan de coupe d’une cage
lambda d’un stade epsilon de 1985. Les filets qui forment l’ossature de
profil de la cage sont triangulaires. Ou presque. Mais on ne va pas chipoter.
Lâches si possible, pour que le ballon franchisse la ligne et vienne se nicher
là bas, bien au fond, comme un pauvre turbot capturé par une bande de pêcheurs
boulonnais de Ligue 2.
Prenons maintenant l’exemple
d’une cage sigma d’un stade oméga de 2011 et réalisons la même expérimentation
manuelle et technique: on voit bien (si, si) que de profil comme vu de dessus,
les filets forment un parallélépipède rectangle. Un détail qui change tout.
Quand y a but, le ballon continue de bouger. Il lui arrive même (quand il subit
une Bundesliga – tatane par exemple) de ressortir des caisses, comme au
baby-foot quand on fait "gamelle".
Effet "filet de pêche" quand on va chercher le ballon après un but |
C’est bien là tout le
problème des filets rectangulaires. Le ballon vit encore après le but. Il
agonise mais vit encore. Pas top classe. Les filets triangulaires avaient plus
de gueule et étaient plus respectueux quand le ballon entrait dans l'espace
prévu à cet effet. Même ceux avec le logo "BUT" qui laissaient le ballon
ressortir des cages – parce qu'un chouïa trop tendus.
On parle là du championnat
de France époque Jean-Christophe Thouvenel-Philippe Anziani. Puis, y’a eu la
Coupe du Monde au Mexique d’où on a rapporté deux vices étranges: la «ola», et
les filets aux angles à 90°. Petit mémento pour ceux qui sont nés après le
Ballon d’Or d’Igor Belanov, avec des images qui bougent du Parc des Princes et
de ses filets "BUT".
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